1. certification video: here we are

    Tomorrow, I’ll be taping my video for my Anusara Certification. I have spent the past three weeks preparing, arranging, rearranging, modifying, elaborating, restructuring my class and feeling disempowered and like a beginning teacher all over again. Then today, after another rehearsed and artificial sounding class, it struck me: this is not yoga! I am at my best when I feel the flow of life pulsating in my veins, when I am present to myself and to the world around me and offering whatever my heart experiences. In other words, when I settle myself in yoga — in the throbbing potential of nowness — then everything flows and makes sense, complete sense. 

    So, the question that I had failed to ask myself just emerged: why do I do yoga in the first place? Why do I love teaching it? What is my highest intention?

    I teach yoga for you guys. It makes sense to me only because I can offer it out, because we can all be authentic together and generously support each other. Because we laugh, because we share and sometimes cry and fall apart.

    And whatever happens tomorrow, we will have spent another true moment together, creating beauty for each other out of the generosity of our collective heart.

    This will stay with me and will lead me throughout my class tomorrow. Thank you my beautiful kula.

    Elise

  2. Véro - professeur de Vinyasa Yoga - dans Trikonasana

  3. trikonasana: “écrire une posture”

    L’idée de ce blog était en partie de décrire les postures du mois de Aix Yoga Center, le nouveau studio de yoga que j’ai ouvert avec Frédérique à Aix en Septembre dernier. “Ecrire les postures” est pour moi, je m’en rends compte, une chose difficile car elle me parait fausse. Une posture peut se décrire, sa forme, son alignement, ses actions mais comment en donner des bénéfices qui seraient universaux, fonctionneraient à chaque coup, seraient comme une sorte de guérison magique de diverses maux?

    Dans mon expérience, les asanas n’ont pas cet effet “magique” qui leur est si souvent attribué. C’est bien plus l’attitude, telle qu’elle se manifeste dans notre ressenti, dans notre alignement et nos actions qui fait qu’on sort grandi, dynamisé, ressourcé d’une posture. Aborder une posture comme une simple forme, un simple geste physique, sera certainement un bon exercice de stretching mais ne sera pas un mouvement habité, une présence pleine, une expression de notre potentiel.

    Cette magie qui réside dans le corps et que notre attitude nous aide à dévoiler, c’est le Tantra qui la révèle, quelque part entre le 8ème et 12ème siècle. Cette philosophie relativement récente (le yoga dit “classique” de Patanjali est bien plus vieux, il aurait émergé autour du 2ème siècle de notre ère), est une véritable révolution, le corps n’est plus perçu comme quelque chose à contrôler et transcender pour atteindre un au delà lointain et incertain, mais il est au contraire, l’instrument même qui nous dévoile notre bonté et ouverture fondamentale. Pratiquer une posture, c’est pour moi aborder son corps avec cette attitude tantrique, c’est entrer en conversation avec l’univers, sentir littéralement l’espace et le possible en soi et l’offrir au monde avec chit (conscience) et ananda (joie profonde).

    Les principes d’alignement, tous ces ajustements bio-mécaniques si précis, sont au service de cet espace fondamental; placer le bassin dans trikonasana ouvre l’espace du haut du corps dans lequel le coeur brille avec douceur et aisance, ancrer les pieds dans la terre et tonifier les jambes dans trikonasana permet de soutenir cette expansion et d’asseoir cette confiance que nous sommes fait de possibles.

    J’aime entrer dans  trikonasana  avec cette attitude d’espace prêt à éclore, commencer du sol, les quatre coins des pieds fermement ancrés dans la terre, les jambes solides et même légèrement pliées le temps de placer le bassin, les adducteurs engagés pour permettre aux ischions de reculer et s’éloigner l’un de l’autre, créant ainsi littéralement de l’espace dans le bas du dos; puis les jambes se tendent tout comme le coccyx rentre vers le sol, la tête du fémur de la jambe arrière s’aligne avec l’ischion de la jambe avant, mula bandha se met en place de lui même, la colonne s’étend alors, l’énergie de déployant du bassin dans toutes directions avec ce désir profond de rayonner de l’intérieur vers l’extérieur. Et trikonasana devient alors l’expression même du possible qui pulse en nous.

    Elise, Anusara Inspired Yoga, AYC.

  4. Camatkarasana — Pascale, fée de AYC — et Elise, Professeure Anusara Yoga Inspired —

  5. Camatkarasana

    La première fois que j’ai vu cette posture était aussi la première fois où j’ai pratiqué avec John Friend, le fondateur de l’Anusara Yoga.

    C’était à Paris en 2006. Deux cent yogis étaient réunis à la Ménagerie de Verre à Paris en juillet, sous une verrière, la chaleur intense était à la hauteur de l’enthousiasme des partipants. John se déplaçait parmi nous, riait et conseillait, enseignait et jouait, avec une virtuosité à la fois rigoureuse et aussi entièrement libre et spontanée.

    Camatkarasana, appelée aussi Wild Thing par John, est pour moi l’incarnation de cette première rencontre avec celui qui inspire depuis toute ma pratique et mon enseignement du yoga. Rigueur absolue de l’alignement, solidité des fondations, ancrage de l’intention,  et  aussi expression totalement libre, créativité débordante, potentialité infinie, ouverture radieuse.

    Camatkarasana, c’est s’aligner pour pouvoir trouver sa pleine expression dans la posture, c’est planter ses pieds avec sérieux dans la terre pour pouvoir rire avec le coeur et les mains.

    Pratiquer Camatkrasana c’est faire sourir le corps et célébrer, en cette période de fête, pleinement la vie!

    —Elise Le Goff, Professeur d’Anusara Inspired, cofondatrice d’Aix Yoga Center.

  6. variations sur parivritta anjaneyasana avec une créativité toute Anusara!

  7. Parivrtta Anjaneyasana

    Cette posture évoque pour moi à la fois une descente automnale vers la terre, le poids du corps présent dans les pieds, et aussi une douce ouverture vers soi, le haut du corps incliné vers la ligne médiane, le centre du corps, qui dans la philosophie tantrique est aussi l’espace où Shiva se manifeste. Shiva n’est, dans cette vision, rien d’autre que le plein potentiel de l’existence, celui qui représente les possibilités illimitées que la vie recèle quand nous nous tournons vers elle et quand nous entrons dans son flot.

    Le lien entre Anjaney et Shiva est Hanuman. Anjaney est, dans certaines lectures de la mythologie indienne, la mère du dieu singe Hanuman. Hanuman est lui-même un avatar ou une manifestation de Shiva. Tout comme Shiva, Hanuman est ici une puissance intrinsèque à tout être, un symbole de la bonté, de l’amour et de la force que nous possédons tous. Hanuman est ce que Anjaney nourrit en elle, sa propre essence, sa nature de Shiva, fondamentalement puissante, bonne et lumineuse.

    Anjaneyasana  est pour moi une invitation à unir le ciel et la terre, à sentir la puissance de nos pieds d’Hanuman dans le sol tout en nous ouvrant à la dimension fondamentalement bonne, spacieuse et lumineuse dont nous sommes fait. Le ciel est en nous, tout comme la terre, nous murmure Anjaney, respirons-les, goutons-les et ressentons-les pleinement dans l’esprit comme dans le corps.

    — Elise, Professeur d’Anusara Yoga à Aix Yoga Center

  8. Vira III: fermeté et légèreté

    Virabhadrasana III est une posture que je trouve automnale. Comme les feuilles des grands platanes du Cours Mirabeau en ce début d’octobre, elle évoque une certaine fragilité, un dernier moment d’immobilité avant que les feuilles n’entament leur voyage vers la terre. La jambe fermement ancrée dans la terre est comme un point d’attache qui soutient la douce expansion horizontale du reste du corps. Tout comme la feuille d’automne qui s’apprête à tourbillonner vers le sol, Virabhadrasana incarne ce moment de suspension, ce moment d’avant le mouvement où on se sent à la fois immobile et plein d’un potentiel prêt à surgir.

    Vira III

    Vira veut dire “courage”, le courage d’entrer dans cette nouvelle saison avec douceur, de sentir le mouvement du monde autour de nous et de s’aligner avec lui.  Le courage de s’arrêter au seuil, dans les moments de transitions et de puiser en nous une action à la fois juste et précise. Pratiquer cette posture demande physiquement d’engager le bas du corps pour nourrir l’espace du haut du corps et  nous invite ainsi à mettre notre stabilité au service de la légèreté, notre force au service de la douceur. En émerge une action équilibrée, en harmonie avec la saison qui s’annonce, et notre coeur bat à l’unisson avec le reste de l’univers.

    — Elise, Professeur d’Anusara Yoga à Aix Yoga Center